A Kaboul, alors que la situation militaro-politique devient de plus en plus préoccupante, des étudiants francophones placent, dans le cadre de la Semaine de la langue française, leur espoir dans les mots. Le sujet s’y prête, puisqu’il s’agit de l’avenir.
L’heure de la francophonie ne dépend pas des fuseaux horaires ni de la proximité géographique : elle sonne partout. C’est pourquoi les élèves du département de français de l’université de Kaboul ont souhaité apporter une touche afghane à l’édition 2009 de la Semaine de la langue française.
L’intitulé de l’exercice, Des mots pour demain, ne peut être ici que fédérateur, car la jeunesse afghane dans son ensemble tourne son regard vers d’autres horizons, des jours nouveaux, des devenirs. Elèves de tous niveaux se regroupent donc dans la salle de conférence du département et interrogent l’ailleurs, placent leurs espoirs, et parfois leurs désirs, en des transformations urgentes tout en se demandant si la culture occidentale est bien compatible avec la leur. Après tout, changer de culture ne se fait pas en un clic.
Poèmes teintés d’Asie, calligrammes et cadavres exquis articulent une vision chargée d’espérance, loin des clichés qu’entraîne toujours la guerre au-travers du prisme déformant des médias. Problème de capteurs ? Problèmes de génome ? Taha et Youssef, non contents d’imaginer ce que serait un clair de Terre, procèdent à des calculs savants afin de connaître la taille du télescope qui permettrait de revoir leur pays, l’Afghanistan, à trente années lumière de nous, lorsque la guerre ne l’avait pas encore happé. Nelufar, Hesbollah et leurs camarades jouent avec la calligraphie du mot ailleurs, la transformant et créant ainsi un autre mot, le même, universel, tout en volutes propres au dari. Chacun, ainsi, s’active, car l’Afghan, comme le Chevalier à la triste figure ne perd pas espoir. La guerre, pour lui, est moins une plante pérenne qu’une adventice qu’il faut arracher. Et pour cela, il y a les mots, la longue tradition poétique du pays, l’expression de la foi en l’avenir et, à présent, la langue française.
Luc.
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